De l’Esprit des Choses

Notre volonté, en créant un nouveau système de règles pour ce GN « Capes&Crocs », était de retranscrire le panache, l'action et la légèreté propres aux films et à la littérature du genre. Le défi fut de taille mais nous espérons être sur la bonne voie.


Nous avons finalement conçu un ensemble de règles qui favorisent l'interprétation du personnage, le panache et la légèreté. Pour parvenir à cela nous sommes partis d'un postulat simple: Faisons confiance aux joueurs et demandons leur de nous faire confiance. Tout notre édifice tient donc sur le bon esprit, la convivialité et l'envie de faire un GN autrement.


D'une manière générale, comme pour tout ce qui est simulé par les règles dans ce GN, les bases sont le fair-play et le panache. Les protagonistes doivent en faire preuve pour l'amusement et le plaisir de tous.

 

Du Panache !

Qui mieux pourrait nous parler du panache que l’auteur de « Cyrano de Bergerac » ?


« ... Ah ! Le panache ! Voilà un mot dont on a un peu abusé, et sur le sens duquel il faudrait bien qu'on s'entendit. Qu'est-ce que le panache ? Il ne suffit pas, pour en avoir, d'être un héros. Le panache n'est pas la grandeur, mais quelque chose qui s'ajoute à la grandeur, et qui bouge au-dessus d'elle. C'est quelque chose de voltigeant, d'excessif et d'un peu frisé. Si je ne craignais d'avoir l'air bien pressé de travailler au Dictionnaire, je proposerais cette définition : le panache, c'est l'esprit de la bravoure. Oui, c'est le courage dominant à ce point la situation qu'il en trouve le mot. Toutes les répliques du Cid ont du panache, beaucoup de traits du grand Corneille sont d'énormes mots d'esprit. Le vent d'Espagne nous apporta cette plume ; mais elle a pris dans l'air de France, une légèreté du meilleur goût. Plaisanter en face du danger, c'est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ; le panache est alors la pudeur de l'héroïsme, comme un sourire par lequel on s'excuse d'être sublime. Certes, les héros sans panache sont plus désintéressés que les autres, car le panache, c'est souvent, dans un sacrifice qu'on fait, une consolation d'attitude qu'on se donne. Un peu frivole peut-être, un peu théâtral sans doute, le panache n'est qu'une grâce ; mais cette grâce est si difficile à conserver jusque devant la mort, cette grâce suppose tant de force (l'esprit qui voltige n'est-il pas la plus belle victoire sur la carcasse qui tremble ?) que, tout de même, c'est une grâce que je nous souhaite. » Edmond Rostand.