Un exemple : la justice à Toulon

 
 

L'impunité de la noblesse

“Le sentiment d’une supériorité naturelle du second ordre conduit parfois à des comportements de violence à l’égard du monde roturier, menu peuple et bourgeois confondus dans le même mépris. C’est le cas des turbulences de la jeunesse, à l’égard de laquelle les aristocrates provençaux manifestent une grande tolérance et qu’ils n’hésitent pas à protéger des foudres de la justice royale ou de la vindicte populaire. En effet, qu’ils soient gardes de la Marine ou oisifs débauchés, les jeunes gens coupables de crimes parfois sanglants bénéficient de l’indulgence de leurs juges, presque toujours nobles et souvent leurs parents ou alliés, à la seule condition qu’ils n’aient pas enfreint les codes de l’honneur et souvent même s’ils l’ont fait. ”

 

Des nuances

“La ville devient le théâtre d’affrontements dont les rebondissements passionnent un public de plus en plus étendu. Les aristocrates envoient aux nouvelles leurs domestiques ou leurs hommes de confiance, quand ils ne se déplacent pas eux-mêmes pour avoir le plaisir d’en informer leurs amis. Remède à l’ennui, aliment pour la conversation mondaine, certes, mais la dimension politique n’est pas absente de cette attention constante. Néanmoins les affrontements recoupent plus ou moins largement des tensions et des conflits d’intérêts entre familles concurrentes ou à l’intérieur même des familles. ”

 

Généralités

Au 17e siècle les nobles ont des privilèges judiciaires. Ils ont le droit d'être jugés par leurs pairs, et les tribunaux civils ne peuvent donc que rarement les poursuivre. Et en cas d'affaire criminelle c'est directement la Cour qui juge le coupable !

La justice royale fait parfois front contre la roture. On lave le linge sale en famille, en quelque sorte. Bien plus rarement, un comportement “ignoble” peut pousser les autres a se débarrasser au plus vite de la branche pourrie. Mais jamais pour des violences contre un roturier, vu que la plupart des nobles les considèrent encore de nature inférieure.

Les sentences qui peuvent être appliquées sont différentes suivant l'origine: la noblesse est par exemple protégée du fouet et de la pendaison. Mais elle encourt des amendes plus élevées du fait de leur devoir de “donner l'exemple”.

 

Pour résumer

  • les nobles ne craignent pas la loi lorsqu'il s'agit de l'enfreindre au détriment de la bourgeoisie ou de la roture.
  • Ils sont solidaires entre eux lorsqu'il s'agit de protéger leurs privilèges, mais se déchirent entre eux pour le pouvoir ou par désœuvrement.

C'est une des raison majeure pour laquelle la noblesse est enviée et crainte : Son immunité