Petit tour d'horizon de la période baroque en peinture.

 

Rome

C'est de Rome qu'on pouvait le mieux observer dans son ensemble le panorama de la peinture en pays catholiques.

Rome était alors le centre du monde civilisé. Des artistes de tous les pays d'Europe y affluaient prenaient parti et se passionnaient pour les discussions d'atelier, étudiaient les anciens maîtres avant de rentrer dans leur pays, messagers des mouvements les plus récents.

L'esprit des peintres était alors plein de questions théoriques dont ils ne cessaient de discuter. L'art était arrivé à un point ou les artistes ne pouvaient pas ne pas être conscients du choix qui s'offrait à eux entre plusieurs méthodes. Le choix de Carrache ou de Guido Reni de s'opposer à tout ce qui dans la nature semblait bas laid ou contraire à un idéal. Leur peinture était la représentation de formes parfaites et proches de leur idée de la beauté. Le choix de Caravage pour qui reculer devant la laideur n'était que faiblesse méprisable. Il voulait avant tout la vérité, la vérité telle qu'il la voyait. Il n'était pas attiré par les modèles classiques il n'avait aucun respect pour la beauté idéale. Il voulait se libérer de la convention, reprendre à la base tout le problème de la peinture.

L'académisme ainsi définit compte des maitres qui vont ouvrir un monde de pureté et de beauté sans lequel nous nous sentirions pauvres.

 

Rubens

Rubens à l'instar des peintres flamands s'est toujours attaché à rendre la texture de chaque chose, à exprimer par tous les moyens dont il disposait la matière même d'une étoffe ou d'un corps humain, en somme à reproduire fidèlement ce qu'il voyait. Guère préoccupé par les canons de la beauté si essentiels aux italiens, Rubens à la préoccupation fondamentale de peindre le monde qui l'entoure, y choisissant ce qui lui plait pour exprimer son plaisir devant la multiple beauté de l'univers. Son succès dans les cours Catholiques d'Europe lui vaut un titre de noblesse ainsi que la charge de plusieurs missions diplomatiques. Note Uchronie : Rubens n'est pas mort à l'époque du GN

 

Velasquez

Velasquez est à la cour d'Espagne ce que Rubens est à la cour d'Angleterre. Influencé par le naturalisme de Caravage qu'il n'a connu que par des imitateurs, son art est au service d'une observation de la nature libérée de tout préjugé, de toute vision conventionnelle. Voir et observer la nature d'un regard neuf, se plaire à y découvrir sans cesse de nouvelles harmonies de couleur et de lumière est désormais la tâche essentielle du peintre. Les principaux peintres de l'Europe catholique rejoignent dans cette nouvelle émulation leurs confrères de l'autre camp, les maîtres de la Hollande protestante.

 

Les peintres Flammands

En effet, dans le domaine de la peinture, les répercussions de la Réforme furent beaucoup plus brutales, à tel point que, dans des pays comme l'Angleterre ou l'Allemagne, importants centres d'art durant tout le moyen âge, la carrière de peintre ou de sculpteur cessa presque de susciter des vocations. Le plus important des genres de peinture admis sans objections par le protestantisme, c'était le portrait. De riches marchands voulaient laisser leur effigie à leurs héritiers, de dignes bourgeois élevés au rang d'échevins ou de bourgmestre désiraient être peints avec les insignes de leur magistrature.

Ceux des peintres hollandais qui ne se sentaient pas attirés par le portrait ne pouvaient absolument pas compter sur des commandes régulières. L'artiste devait choisir : faire le colporteur, aller dans les foires ou sur la place du marché, ou bien laisser ce soin à des intermédiaires, à des marchands de tableaux qui prenaient une part importante du bénéfice. La concurrence était rude, la seule chance d'atteindre une certaine réputation était de se spécialiser dans un genre particulier. Les peintres de poissons savaient rendre l'éclat argenté des écailles mouillées avec une virtuosité que les peintres d'un talent plus universel pouvaient leur envier. Les peintres de marines, comme Simon de Vlieger, s'ils s'exerçaient à peindre le ciel et les vagues avaient aussi une telle science des navires et de leur gréement que leurs tableaux sont de vrais documents historiques.

 

Rembrandt

Lorsqu'on est habitué à la beauté régulière des personnages des peintres italiens, on est parfois choqué, au premier abord, par l'apparent mépris où Rembrandt tient la beauté et par sa tendance à représenter la laideur sans même l'atténuer. Cela correspond bien à quelque chose, Comme tant d'artistes de son époque, Rembrandt avait assimilé les nouveautés apportées par Caravage. Il avait connu son art à travers des peintres hollandais travaillant sous son influence.