Le contexte

La guerre est un des quotidiens de l'Europe au XVIIe siècle :

- L'empire Ottoman à signé un traité, la paix de Zsitvatorok en 1606 qui a mis fin à la guerre avec les Habsbourg d'Autriche

- Le Saint Empire et l'Espagne s'opposent à la France dans les Flandres ; 

- Le Royaume Uni s'oppose aux Provinces Unies 

Tous ces états s'opposent pour raisons religieuse, politiques et commerciales.
Depuis la Réforme qui aboutit à la création de l’Eglise protestante, les chrétiens d’Europe occidentale sont divisés en deux groupes : les catholiques, principalement au sud, et les protestants, nombreux au Nord.

Chaque roi cherche à imposer sa religion à ses sujets. Par conséquent, il existe des Etats catholique et des Etats protestants. Les divisions religieuses sont à l’origine de nombreux conflits, les plus importants ont lieu dans le Saint Empire Romain Germanique.

Débutée il y a déjà vingt-cinq ans cette guerre a progressivement changé de nature et d’objet : commencée en tant que conflit religieux, elle est à présent devenue une lutte politique entre la France et la Maison Habsbourg (d’Autriche et d'Espagne).

Les combats se déroulaient initialement et principalement dans les territoires d’Europe centrale dépendant du Saint-Empire romain germanique, tout en impliquant la plupart des puissances européennes, à l’exception notable de l’Angleterre et de la Russie.
Dans la seconde partie de la période, les combats se portent aussi en France, aux Pays-Bas, en Italie du nord, au Portugal, en Catalogne, etc.

Il est important de remarquer que la bataille rangée était l’exception plutôt que la règle. L’activité guerrière se concentrait plus sur les escarmouches, embuscades ou coup de main (engageant de petits effectifs) et particulièrement sur les sièges.

Le conflit France - Espagne

Après avoir débuté par un conflit opposant les états protestants et catholiques du Nord de l'Europe la guerre qui ravage le continent depuis 1618 a pris une toute autre ampleur depuis l'entrée en guerre directe de la France en 1635.
Depuis le début de la guerre, la France s’était toujours soigneusement tenue à l’écart des combats tout en appuyant les opposants à l’Empereur et au roi d’Espagne par sa diplomatie et ses subsides.
A présent que ce soit dans les Flandres, en Catalogne et en Allemagne les Maréchaux français portent le combat contre les Habsbourg pour étendre le territoire français. Initialement, l'effort de guerre français portait sur les Flandres et accessoirement sur l'Alsace et la Lorraine.

L'Espagne rencontre quelques difficultés à mener la guerre en Flandres, notamment parce qu'il lui est difficile d'y acheminer des troupes. Pour le moment, elle envoie ses Tiercos via Gênes en Méditerranées, puis à travers le Saint Empire Romain Germanique rejoindre le front. La route Atlantique lui est bloquée car la France surveille ses côtes et l'Angleterre verrais d'un trop mauvais oeil une armada voyager à travers le channel.

En Catalogne, les Faucheurs (Segadors) ont mené une révolte dont l'aboutissement à été la demande de protection du Roy Gaston Ier de France afin qu'il devenne Comte de Barcelone et de Roussillon. La conséquence directe à été l'ouverture d'un nouveau front entre la France et l'Espagne dans le Sud.

La guerre sur mer...

Sur Mer, la France et L'Espagne jouent au chat et à la souris en Méditerranée occidentale.
La guerre y est menée du coté Français par Jean Armand de Maillé, duc de Fronsac, marquis de Brézé, qui a à peine 23 ans est déjà “général des galères” et la terreur des escadres espagnoles.

...et sur terre

La fin 1642 voit une nette progression française en Catalogne.
Depuis la place forte de Perpignan assiégée puis conquise en septembre 42, les français volent de victoires en victoires. Salses tombe fin septembre et c'est toute la Catalogne du Nord (le Roussillon) qui est contrôlée par les armées françaises.
La bataille passe de l'autre côté des Pyrénées et c'est alors que les français plus éloignés de leur base et peu à peu lâchés par les locaux rencontrent leurs premières difficultés. Les populations locales si elles restent majoritairement opposé au pouvoir central madrilène sont de moins en moins favorable à l'envahissant français…

L'hiver 42-43 semble devoir figer les positions mais ce sont les espagnols qui reprennent l’initiative.
Le comte-duc d'Olivares que tous pensaient en disgrâce voit sa position affermie. Il parvient à lever des troupes fraîches.
Il confie le commandement de ces troupes à son neveu Luis de Haro et le charge de chasser les français de Catalogne “une bonne fois pour toute”!

Le nouveau commandement de l'armée chargée de repousser les troupes françaises et catalanes profite que les cols pyrénéens bloquent le ravitaillement français pour reprendre le terrain perdu à l'automne.
Dès les premiers dégels l'armée espagnole prend l’initiative et passe les Pyrénées pour fondre sur Perpignan qui tombe fin mars. Et comme à l'inverse des événements de l'année précédente les espagnols parviennent de haute lutte à reprendre Salses début avril.
Urbain de Maillé, premier marquis de Brézé, qui commandait jusqu'alors les armées françaises en Catalogne est renvoyé et c'est Philippe, comte de la Mothe-Houdancourt, duc de Cardone et de Fayel, qui lui succède et parvient à stopper la progression espagnoles.

Français et espagnols fortifient leurs positions respectives et tout laisse à penser que l'affrontement décisif qui scellera le destin du Roussillon est proche.
La “ligne de front” s'étend de part et d'autre d'une ligne passant par Leucate, Buoux, Cuiza…

Si la France perd pied en Catalogne la raison en est sans doute que ses investissements militaires sont affecté plus au Nord dans les Flandres.
Dans les Flandres, la fortune des armes est diverses. Les espagnols ont perdu Arras et Gravelines, mais ils tiennent Dunkerque.

 

Liste des principales batailles du XVIIème siècle

- 2 juillet 1600 : Première bataille des Dunes 
- 19 septembre 1618 : Bataille de Pilsen 
- 10 juin 1619 : Bataille de Sablat 
- 7 avril 1620 : Bataille des Ponts-de-Cé 
- 8 novembre 1620 : Bataille de la Montagne Blanche 
- 25 avril 1622 : Bataille de Wiesloch 
- 6 mai 1622 : Bataille de Wimpfen 
- 20 juin 1622 : Bataille de Höchst 
- 29 août 1622 : Bataille de Fleurus 
- 6 août 1623 : Bataille de Stadtlohn 
- 27 août 1626 : Bataille de Lutter 
- 17 septembre 1631 : Bataille de Breitenfeld 
- 14 et 15 avril 1632 : Bataille de Rain am Lech 
- 16 novembre 1632 : Bataille de Lützen 
- 5 et 6 septembre 1634 : Bataille de Nördlingen 
- 1635 : Bataille d'Avins 
- 22 juin 1636 : Bataille de Tornavento 
- 4 octobre 1636 : Bataille de Wittstock 
- 1637 : Bataille de Leucate 
- 1638 : Bataille de Fuenterrabía 
- 20 juin 1638 : Bataille de Kallo 
- 28 février 1638 : Bataille de Rheinfelden 
- 26 janvier 1641 : Bataille de Montjuic 
- 6 juillet 1641 : Bataille de la Marfée 
- 9 septembre 1642 : Siège de Perpignan
- 7 octobre 1642 : Bataille de Lérida 
- 26 juin 1642 : Bataille de Honnecourt 
- 23 octobre 1642 : Bataille de Leipzig ou Seconde bataille de Breitenfeld
- 26 mars 1643 : Seconde Bataille de Perpignan
- 10 avril 1643 : Bataille de Salses

 

Régiments français

C’est en 1635 que Gaston Ier ordonna une réforme de l’infanterie : les régiments furent alors composés de 20 compagnies de 53 hommes (1 capitaine, 1 lieutenant, 1 enseigne, 2 sergents, 3 caporaux, 5 anspessades et 40 soldats, dans une proportion de 40% de piquiers et 60% de mousquetaires), soit 1060 hommes par régiments.
Les régiments de « drapeau blanc » (vieux corps et petits vieux) devaient être à 30 compagnies. Mais que ce soit pour le nombre de compagnie par régiment comme pour les effectifs des compagnies, la pratique rejoignait rarement la théorie.

Les effectifs théoriques établissaient 53 hommes par compagnie de 1635 à 1637, 75 hommes en 1638 et 1639, puis 56 à 60 hommes de 1640 à 1642 et 70 par compagnie à partir de 1643 ; les effectifs réels étant en général de la moitié voir du tiers.

Sous le règne de Gaston Ier, la possession du drapeau blanc devint le privilège et la marque des corps permanents entretenus et payés sur l'ordinaire. Le nombre de ces régiments fut porté à douze le 15 septembre 1635. Ces corps étaient : les Gardes Françaises, Picardie, Champagne, Piémont, Navarre, Normandie, Bourbonnais, Béarn, Auvergne, Flandres, Guyenne et Artois. Les six premiers étaient les « vieux corps », les six autres étaient les « petits vieux ». Les autres régiments sont licenciés à la fin de la campagne ou à la dissolution de l’armée dont ils font partie.

 

Tercios espagnols

En 1632, une ordonnance royale fixe l'organisation des tercios espagnols à 12 compagnies de 250 hommes et ceux des Flandres et d'Italie, à 15 de 200 hommes. Ces nouvelles banderas, dites d'ordonnance, sont uniformes au sein d'un même tercio ; celle de 250 hommes comprend onze officiers et aides, 90 corseletes, 60 mousquetaires et 89 arquebusiers, et celle de 200, onze officiers et aides, 70 corseletes, 40 mousquetaires et 79 arquebusiers.

Cependant en 1636, le gouverneur des Pays-Bas espagnols, organise les tercios espagnols et italiens de l'armée des Flandres sur un autre modèle à treize compagnies de piquiers et deux d'arquebusiers mais, du fait de la grande proportion de mousquetaires dans les banderas de piquiers, ceux ne représentent plus que le tiers de l'effectif théorique. Ces tercios sont censés avoir 759 piquiers, 318 arquebusiers et 1380 mousquetaires. Les tercios provisoires levés dans la péninsule ibérique, sont eux beaucoup moins puissants, avec dix banderas de seulement cent hommes, ils sont aussi constitués de troupes de piètre valeur. Les tercios provinciaux qui les suivent sont plus réussis avec leurs douze compagnies de cent hommes et des troupes beaucoup plus motivées.